23 décembre 2009
La maîtresse des épices - C.B. Divakaruni
Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, Tilo est maîtresse dans l'art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de " Première Mère " sur une île secrète de sa terre natale, l'Inde, au prix de l'obéissance à des règles strictes et dans le respect du service et de la dévotion : elle possède le don de faire chanter les épices, mais aussi de guérir comme une véritable thérapeute. C'est ainsi que, dans ce quartier d'immigrés d'Oakland en Californie, elle se penche humblement, secrètement, sur les malheurs de ses clients. Elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l'épice-racinel'épice-racine, clef intime qui restaure l'équilibre du corps et de l'âme. Mais Tilo, au cœur généreux et plein de compassion, violera un à un les interdits, dont celui de l'amour, au risque de remettre en cause ses pouvoirs.
Mon avis: J'ai bien failli abandonnée ce roman au bout d'une centaine de pages. Mais le titre, le thème, mon envie de connaître la littérature indienne m'ont poussés à poursuivre la lecture. Je me suis dit que si je n'arrivais à rentrer dans le monde coloré de Chtitra Banerjee DivakaruniDivakaruni c'était parce que je n'étais pas bien disposée. Je me suis enfin laissée porter par les épices de Tilo, je me suis ouverte à son monde et la magie a opéré... Et là... Ce roman est un OVNI! Un trésor de l'humanité!
30 novembre 2009
Mille femmes blanches - J. Fergus
En 1875, un chef cheyenne, Little Wolf, se rend à Washington pour demander au président Ulysses S. Grant de lui faire présent de mille femmes blanches, dans le but d'assurer la sécurité et la prospérité d'un peuple assiégé de toutes parts". Les volontaires seront recrutées pour la plupart dans les pénitenciers et les asiles de fous. Prenant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace l'aventure de ces femmes parties vivre dans les grandes plaines de l'Ouest ; à travers les carnets intimes de l'une d'elles, May Dodd, le lecteur partage leurs appréhensions et leurs doutes, mais aussi leur exaltation à la découverte émerveillée d'une civilisation respectueuse des individus et de l'environnement.
Mon avis: Il semblerait que ce roman soit basé sur des faits réels... Si c'est le cas, l'attitude des colonisateurs blancs apparaît d'autant plus ignoble. Celle de Little Wolf est tout au contraire, très noble : élever des enfants issus d'unions entre Cheyennes et femmes blanches afin que plus tard, ils rejoignent le monde de leur mère tout en connaissant et comprenant la culture de leur pères, celle-ci étant amenée à disparaître face à l'arrivée de l'Homme Blanc, notamment des chercheurs d'or.
Ce roman, présenté sous forme d'un journal intime est tout à fait époustouflant, puissant et passionnant même si pour des raisons toutes personnelles, j'ai mis un peu de temps à le terminer.
12 novembre 2009
Mangez-moi - A. Désarthe
Ouvrir un restaurant ? Quelle idée... C'est pourtant celle qui vient à l'esprit de Myriam, et qu'elle s'empresse de mettre à exécution. Les ennuis commencent car ce restaurant est aussi sa maison. Eviter la faillite, vivre en clandestine et garder le secret sur un itinéraire trop chaotique constituent l'exercice de jonglage auquel elle se livre chaque jour. Qui est Myriam ? Une collectionneuse de contradictions. Un oxymore ambulant. Bannie de chez elle pour une faute inavouable, c'est une âme errante qui n'aspire qu'à la stabilité ; une téméraire qui déteste qu'on la surprenne. Son problème, c'est le temps. Comment faire pour que l'avant et l'après coïncident à nouveau ? Que le passé cesse d'être douloureux et que l'avenir s'éclaire ? Ce livre dont le titre évoque l'Alice de Lewis Carroll est un roman d'aventures spirituelles, en même temps qu'une chronique d'un genre très particulier. Car on se bouscule dans le restaurant de Myriam. Fleuriste amoureux, jeunes filles philosophes, enfants du quartier, et jusqu'à ce cultivateur dont la science des plantes semble infinie, tous participent de la même comédie humaine, lumineuse, mystérieuse : le monde d'Agnès Desarthe. Un monde où le rêve et le réel s'entrelacent, où les disparus reviennent, où le désir voyage.
Mon avis: Mi-figue, mi-raisin... (Trop drôle le jeu de mots!) C'est une histoire étonnante. Je pensais trouver dans ce roman des odeurs, des saveurs, des effluves, des fumés et bien non... Il n'empêche que les personnages, "bras cassés", oubliés de la vie ... m'ont beaucoup émus, touchés. Tout semble toujours à la limite de l'irréalisme et puis, porté par le style d'Agnès Desarthe, on se dit: "Pourquoi pas après tout..."
04 novembre 2009
Dialogue avec mon jardinier - Cueco
Deux personnages discutent avec pudeur de leurs observations sur la nature et la vie : l'un jardine, l'autre peint. Des plaisirs sans prétention sont mis en valeur : nul besoin de grands discours pour jardiner (élevé au rang d'un art) mais un sens de la retenue, de la simplicité face aux richesses de la terre. Les deux personnages ne croient que ce qu'ils voient : "Moi je crois qu'on sert à nourrir les asticots quand on est mort. C'est bon pour les pêcheurs." En somme, chacun fait son temps puis la nature reprend le dessus. Nulle compétition entre les êtres mais une volonté de partage lorsque deux hommes se côtoient dans l'exercice de leurs plaisirs. L'originalité littéraire réside dans le fait que le retour aux sources fait oublier tant aux protagonistes qu'aux lecteurs l'esprit moderne. Un désir de tranquillité transparaît et facilite l'échange d'idées, la discussion au sens noble du terme. Les sujets de discussion sont eux-mêmes des personnages : la salade, le thé, le pinard, la citrouille, le tilleul. Autrement dit être en vie et donner la vie.
Mon avis: En lisant ce roman, je pensais à mon papa qui à l'heure de la sieste descend parfois au jardin pour regarder pousser ses salades...
Pour l'adaptation cinématographique, Jean Becker a choisi darroussin pour le rôle du jardinier...Quel choix extraordinaire!
Je suis nulle en matière de cinéma...vraiment nulle... En cherchant des détails sur ce film, j'ai découvert que Jean Becker c'était aussi: L'Eté meurtrier, Elisa, Les enfants du marais, Effroyables jardins, Deux jours à tuer... Que des chefs d'oeuvre en somme...
Quant à Henri Cueco, sa poésie me touche, ses personnages sont extrêmement attachants... Je relirai du Cueco...
31 octobre 2009
Derrière la façade - W. Ritchey Newton
Versailles symbolise le faste et la puissance royale. Mais derrière l'or, les miroirs et le marbre, s'enchevêtrait un labyrinthe de 226 appartements où un bon millier de personnes devait trouver un lit, se nourrir, se laver et se chauffer. C'est cet univers où la promiscuité le dispute à la crasse et aux odeurs nauséabondes qu'explore William Ritchey Newton, spécialiste de la Cour de France. Il décrit la course aux logements, les aménagements de fortune pour les cuisines et les rares salles d'eau, la lutte quotidienne contre l'humidité, l'enfumage et les dangers d'incendie. Son livre fourmille d'anecdotes sur les embarras de ce gigantesque caravansérail, les plaintes ou les requêtes des courtisans, les travaux exécutés en urgence et l'inépuisable course au financement du tonneau des Danaïdes qu'était le château. En ressort une étonnante et vivante chronique de la vie quotidienne à Versailles, tenant plus du parcours d'obstacles que d'un séjour de rêve dans le palais du plus grand souverain d'Europe.
Mon avis: Très intéressant pour qui veut connaître l'envers du décor mais de lecture un peu compliqué à cause de l'avalanche de détails, de noms, de dates etc...
29 octobre 2009
Mes amis, mes amours - M. Lévy
Quand deux pères trentenaires réinventent la vie en s'installant sous un même toit, ils s'imposent deux règles, pas de baby-sitter et pas de présence féminine dans la maison... Dans le village français, au cœur de Londres, une histoire d'amitié, des histoires d'amour, des destins qui se croisent au fil d'une comédie tendre et enlevée.
Mon avis: Un Lévy de temps en temps, ça réchauffe le coeur... Pas de la grande littérature mais un bon scénario... Ça tombe bien!
13 octobre 2009
Si loin de vous - Nina Revoyr
1964 : Au crépuscule de sa vie. Jun Nakavarna, qui fut au début du 20ème siècle fine star du muet, est tiré de sa retraite par un jeune scénariste. Premier acteur japonais à se produire à Hollywood, il connut l'excitation des débuts du 7' art, les fêtes fastueuses sur Sunset Boulevard, la passion de quelques comédiennes et l'hystérie des fans... avant d'être confronté à la montée du racisme et à la fin des films muets. Est-ce pour ces deux raisons que sa carrière fulgurante s'arrêta brutalement en 1922 ?
Le scénariste aimerait faire tourner Jun de nouveau, mais celui-ci se montre très réticent, redoutant que son retour à la lumière ne remue la boue du passé. Car le nom de Jun est associé au meurtre jamais élucidé d'un grand réalisateur, qui avait choqué l'opinion dans les années 1920. L'heure semble venue pour Jun d'affronter les fantômes d'hier.
Mon avis: Une écriture douce et délicate. (Je relirai Nina Revoyr) Du suspens sans jamais de précipitation. Je me suis laissée porter par l'histoire de cet homme. Je l'ai laissé m'emmener dans un monde qui m'était inconnu, celui du cinéma muet mais aussi celui des années 20 américaines. Très beau souvenir...
Par contre... Pourquoi ce titre en français?
29 septembre 2009
Le libraire de Kaboul - A. Seierstad
Asne Seierstad a vécu le printemps qui suivit la défaite des taliban chez Sultan Khan, libraire à Kaboul. Elle nous fait partager, dans ce récit très vivant et toujours respectueux, la vie quotidienne des épouses, enfants, frères et sueurs d'une famille où chaque destin est riche d'émotion et dont le chef incontestable est Sultan, l'amoureux des livres. " Quand les communistes sont arrivés, raconte-t-il, ils ont brûlé tous mes livres, après il y a eu les moudjahidin, trop occupés à se battre entre eux pour se soucier de moi, mais une fois le régime des taliban installé, mes livres étaient de nouveau condamnés au bûcher. "
Mon avis: Pas de la grande littérature, certes mais un beau témoignage d'une jeune journaliste norvégienne. La vie afghane semble loin de la sienne à Oslo... et pourtant... Elle ne juge rien, ni personne, elle observe, elle écoute et nous raconte. Très touchant.
27 septembre 2009
La nuit des princes charmants - M. Tremblay
Une soirée d'opéra qui se transforme en odyssée nocturne au coeur de Montréal, et voilà le narrateur de cette histoire, cynique Candide, courant à la perte... de sa virginité. Du café El Cortijo au cabaret des Quatre Coins du Monde, Michel Tremblay nous invite à refaire le parcours initiatique d'un jeune " beatnik ", et à découvrir avec lui un monde burlesque de folie et de transgression, où les passions se déchaînent, où partout éclatent le mensonge et la vérité dans l'urgence du désir. L'amour et le plaisir seront-ils au bout du voyage, dans la Nuit des princes cbarmants ?
Mon avis: Le héros se donne une nuit pour trouver celui qui sera son premier amour. Au cours de sa soirée il rencontre François Villeneuve, un chanteur et un jeune anglophone gay et inexpérimenté, comme lui. Il découvre le Montréal Gay sans tabou avec le premier, mais c'est le second qui partagera ses premiers émois.
Un magnifique roman qui nous fait découvrir l’univers gay et la tolérance...
19 septembre 2009
La douleur du dollar - Z. Valdès
Pour Cuqua, dite "la môme", petite Cubaine surprenante par sa candeur et sa générosité, la vie est sacrifice. Son premier dévouement, elle le dédie à "Ouane", celui qui l'embrassa un soir de fête. Pour cet amour unique, elle entre en religion, allant jusqu'à se mutiler – elle s'arrachera les dents – pour ne plus plaire aux autres. Cuqua ne cessera plus, pendant 30 ans, de guetter le retour de ce trafiquant mafieux anti-révolutionnaire. De même, l'amour qu'elle porte à sa fille est enraciné dans une profonde abnégation. Mais loin de prendre toute la mesure de ce sacrifice, par désir d'indépendance et par fierté, sa fille la repousse. Seuls ses amis, fidèles, originaux, perçoivent en Cuqua cette "femme célibataire habitant sur une île musicale et prétentieuse, plus seule qu'un solo, et mille fois plus pauvre que Cendrillon".
Mon avis: Beaucoup d'aigreur, de rancoeur dans ce roman. Beaucoup de vulgarité inutile (et je ne suis pas une Bernadette Soubirou!). Je n'ai pas du tout aimé. Je ne pense pas que Zoé Valdès aime son pays ni ses compatriotes...même si je comprends son aversion pour le régime en place.







